BFMBusiness
Direct

Immobilier : les prix repartent à la hausse dans les grandes villes après deux ans de correction

Après une baisse marquée en 2024 et 2025, les prix de l'ancien se stabilisent et repartent timidement dans plusieurs métropoles, portés par le reflux des taux de crédit.

Par La rédaction de BFM Business Publié le 12 janvier 2026 · 6 min de lecture
Immobilier : les prix repartent à la hausse dans les grandes villes après deux ans de correction
Le marché de l'ancien retrouve des couleurs dans les grandes agglomérations. — Photo d'illustration

Le marché immobilier français tourne une page. Après deux années de correction qui ont vu les prix reculer de 5 à 10 % selon les villes, les premiers signes de reprise se font sentir. Selon les dernières données des réseaux d'agences et des notaires, les volumes de transactions sont repartis à la hausse au premier trimestre, signe que les acheteurs, longtemps attentistes, reviennent progressivement sur le marché.

La raison principale tient au crédit. Le reflux progressif des taux d'emprunt, désormais autour de 3 % sur vingt ans pour les meilleurs profils, a redonné du pouvoir d'achat aux ménages. Cette amélioration se traduit directement dans le nombre de dossiers acceptés par les banques, qui avaient drastiquement resserré leurs conditions d'octroi durant la période de hausse rapide des taux.

Autre facteur de soutien : la stabilisation des prix elle-même. Après avoir longtemps hésité à se positionner par crainte de payer trop cher, de nombreux acquéreurs estiment désormais que le point bas est proche, voire dépassé dans certaines zones. Cette perception alimente un cercle vertueux, où le retour des acheteurs nourrit la confiance des vendeurs.

Des situations très contrastées selon les villes

La reprise n'est toutefois pas uniforme. Si Lyon, Bordeaux et Nantes affichent encore des prix en léger recul, Marseille, Nice et Strasbourg renouent avec la croissance. Paris, de son côté, semble avoir trouvé un plancher autour de 9 500 euros le mètre carré après avoir longtemps flirté avec la barre symbolique des 10 000 euros.

Les villes moyennes, qui avaient profité d'un fort engouement pendant la période post-Covid, connaissent un atterrissage plus marqué. L'effet de rattrapage lié au télétravail s'est essoufflé, et certaines communes voient leurs prix se normaliser après des années de surchauffe. À l'inverse, les littoraux et les zones tendues conservent une demande structurellement supérieure à l'offre.

Les biens avec stationnement et bonne performance énergétique se vendent plus vite. — Photo d'illustration
Les biens avec stationnement et bonne performance énergétique se vendent plus vite. — Photo d'illustration

Les professionnels notent un changement de comportement des acquéreurs. La performance énergétique du logement est devenue un critère central : les passoires thermiques se négocient avec de fortes décotes, tandis que les biens rénovés ou bien classés au DPE partent rapidement, parfois au-dessus du prix affiché. La présence d'un extérieur, d'un stationnement ou d'un ascenseur pèse également de plus en plus lourd dans la décision finale.

« On observe un marché à deux vitesses : les biens de qualité, bien situés et économes en énergie, se vendent vite. Le reste reste à la peine et exige de réelles négociations. »Un responsable de réseau immobilier national

Les primo-accédants de retour

La détente du crédit profite particulièrement aux primo-accédants, qui avaient été les premiers exclus du marché lors de la flambée des taux. Le retour de prêts à taux plus raisonnables, conjugué à des dispositifs d'aide ciblés et à un apport mieux valorisé, leur permet de reformuler des projets longtemps mis en pause.

Les banques, de leur côté, cherchent à relancer leur production de crédit après une année 2024 particulièrement atone. Cette volonté commerciale se traduit par des barèmes plus agressifs sur les profils jeunes et solvables, ce qui contribue à fluidifier l'ensemble de la chaîne de transactions, des premières acquisitions jusqu'aux reventes.

Prudence pour la suite

Les analystes restent néanmoins prudents. La reprise demeure fragile et dépend largement de la trajectoire des taux dans les prochains mois. Une remontée du coût du crédit, un nouveau choc économique ou un durcissement réglementaire pourrait rapidement freiner ce frémissement. Pour l'heure, vendeurs comme acheteurs avancent avec précaution, dans un marché qui retrouve des couleurs sans renouer avec l'euphorie des années passées.