BFMBusiness
Direct

DPE : pourquoi les passoires thermiques se vendent désormais avec une forte décote

Avec le durcissement de la réglementation, les logements les plus énergivores voient leur valeur reculer. Acheteurs et vendeurs intègrent désormais le coût des travaux dans la négociation.

Par La rédaction de BFM Business Publié le 18 février 2026 · 6 min de lecture
DPE : pourquoi les passoires thermiques se vendent désormais avec une forte décote
La performance énergétique est devenue un critère de prix de premier plan. — Photo d'illustration

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est devenu l'un des éléments les plus scrutés lors d'une transaction. Depuis l'interdiction progressive de mise en location des logements classés G, puis F, la valeur des biens les plus énergivores s'érode nettement sur le marché de la revente. Ce qui n'était hier qu'une simple information technique est devenu un critère financier de premier plan.

Les études convergent : un logement classé F ou G se négocie en moyenne avec une décote de 10 à 20 % par rapport à un bien équivalent mieux noté. Les acheteurs intègrent désormais systématiquement le montant des travaux de rénovation dans leur offre, transformant le DPE en véritable outil de négociation.

Le calendrier réglementaire alimente cette tendance. L'interdiction de location s'étend progressivement aux différentes classes les plus énergivores, poussant de nombreux bailleurs à arbitrer entre rénover ou vendre. Ce flux de biens mis sur le marché par des propriétaires pressés accentue mécaniquement la pression sur les prix des logements mal classés.

La rénovation, un investissement qui se valorise

À l'inverse, les propriétaires qui engagent des travaux d'isolation, changent leur système de chauffage ou installent une ventilation performante voient leur bien gagner en attractivité. Un saut de deux classes au DPE peut suffire à transformer un logement difficile à vendre en bien recherché, et à effacer une grande partie de la décote initiale.

Au-delà de la valeur de revente, ces travaux génèrent des économies de charges immédiates pour les occupants. Avec la hausse durable du coût de l'énergie, un logement performant offre un argument commercial concret : des factures maîtrisées, mois après mois. Un atout que les acquéreurs valorisent de plus en plus dans leur calcul global.

« Aujourd'hui, un acheteur ne demande plus seulement le prix : il demande l'étiquette énergie et le montant des charges. C'est devenu décisif dans la décision finale. »Une conseillère en immobilier

Des aides publiques pour amortir le choc

Les dispositifs d'aide publique, comme MaPrimeRénov', continuent de soutenir ces chantiers, malgré des évolutions régulières de leurs barèmes. Couplés aux certificats d'économie d'énergie et aux éco-prêts à taux zéro, ils permettent de réduire significativement le reste à charge des ménages qui se lancent dans une rénovation d'ampleur.

Pour de nombreux propriétaires, la rénovation énergétique n'est plus seulement une contrainte réglementaire mais un véritable levier de valorisation patrimoniale. Les professionnels conseillent toutefois de faire réaliser un audit sérieux en amont, afin de prioriser les travaux les plus efficaces et d'éviter les rénovations partielles, souvent décevantes sur le plan du classement final.